Libreville-Brazzaville : Dans un contexte particulier.
Longtemps dominés par une même puissance coloniale, la France, le Congo et le Gabon, ayant accédé respectivement les 15 et 17 août 1960 à la souveraineté internationale ont, dans les premières années de leur indépendance, connu une véritable guerre froide. Le Congo-Brazzaville se trouve dans une aire culturelle que l’on pourrait définir comme celle du Bas-Congo, qui embrasse aussi une partie de la RDC (République démocratique du Congo, ancien Zaïre, que l’on peut appeler aussi Congo-Kinshasa), et de l’Angola comme du Gabon actuel. De plus, feu Omar BONGO, né en 1935 dans l’est du Haut-Ogooué, à l’époque donc de son rattachement au Moyen Congo, a fait ses études secondaires à Brazzaville, où il s’est marié et a résidé jusqu’à son service militaire, juste avant l’indépendance. Avant celle-ci, jamais il n’avait vu Libreville, alors qu’il connaissait particulièrement bien la capitale congolaise.
Ces États modernes sont, du fait de la colonisation française, si imbriqués l’un dans l’autre que la République du Congo n’est, territorialement parlant, que l’enveloppe extérieure, du nord-est au sud-ouest, de la République gabonaise. Au début de l’entreprise coloniale française, avant la création de l’Afrique Équatoriale Française en 1905, les deux territoires n’en formaient d’ailleurs qu’un seul, le “Gabon-Congo”, subdivisé par une diagonale nord-sud en deux sous-sections occidentale (“Gabon”) et orientale (“Congo”) de part et d’autre du poste de Ndjolé (sur l’Ogooué, en plein cœur de la République gabonaise actuelle) et avec pour capitale Libreville. Brazzaville n’était encore qu’un simple poste militaire.
La frontière entre le Gabon et la république du Congo est, avec 1 903 km, la plus longue des trois frontières terrestres du Gabon, au sud et à l'est du pays. Les frontières avec le Cameroun (298 km) et avec la Guinée équatoriale (350 km) marquent la limite nord du pays. La confusion est d’autant plus grande, dans ce cas particulier, que les relations politiques entre les deux capitales n’ont pas toujours été conflictuelles : ainsi, le président feu BONGO a joué un grand rôle à Brazzaville, mais le président feu LISSOUBA a de même été très influent au Gabon, notamment lors de l’élection présidentielle de 1993, où il a conseillé, dit-on, aux Nzebi et aux autres groupes du Sud-Est gabonais de voter pour son ami (et parent, selon certains) feu Omar BONGO. Nombreux sont, en effet, les groupes ethniques (souvent très restreints en effectifs dans l’environnement forestier) que l’on retrouve à la fois au Gabon et au Congo, le long de la frontière. Les principaux sont, d’ouest en est et du sud au nord : vili, lumbu, punu, nzebi, tsangi, teke, mbete, kota, fang.
Après la Guinée Équatoriale, Son Excellence, le GBR Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, Président de la Transition, Chef de l’État devrait se rendre ce 1er octobre 2023 à OYO (Congo-Brazzaville) où il devrait s’entretenir avec le Président Denis SASSOU NGUESSO. Une rencontre qui sera semble-t-il l’occasion de réchauffer les relations entre les deux pays et évoquer le processus de transition en cours au Gabon.
Il faut souligner que ce déplacement, le deuxième du genre depuis la prise de pouvoir le 30 aout 2023 par les militaires réunis au sein du CTRI, s’inscrit dans la volonté des nouvelles autorités gabonaise de raffermir les liens de coopération avec les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).
Ainsi, le GBR Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA rencontrera le Chef de l’État congolais Denis SASSOU NGUESSO dans son fief d’Oyo dans le département de la Cuvette. Une rencontre qui serait empreinte de renforcement de la coopération entre le Gabon et le Congo, après des années de climat froid avec le régime déchu incarné par Ali BONGO ONDIMBA.
L’entretien entre les deux hommes devrait permettre d’apaiser les tensions diplomatiques entre ces deux pays, mais surtout d’aborder les différents sujets de tensions entre Libreville et Brazzaville.

Très belle présentation et analyse sommaire de la situation des relations entre les deux pays
RépondreSupprimerOn empoisonne souvent les gabonais là-bas......
RépondreSupprimerTrès bien
RépondreSupprimer