GABON : La construction d’une base navale militaire chinoise au cœur des tensions.

Une base navale est une base militaire où une force navale peut s'abriter, se ravitailler, effectuer des réparations. C'est, dans la généralité des cas, un port maritime. La base navale est une base militaire qui abrite des navires de guerre qu'il ne faut pas confondre avec un port d'attache destiné aux navires de commerce. Pour reprendre la formule de l'amiral Mahan : « Il est inutile d’armer des bateaux s’ils n’ont pas de bases sur lesquelles ils peuvent s’appuyer ». Les bases navales sont les points d'appui des flottes de guerre d'un pays. Une base navale peut être associée à un arsenal, un chantier naval ou à une base aérienne, dans ce dernier cas, on dit qu'il s'agit d'une base aéronavale. Une base navale de station se contentera d'offrir un abri à une force navale, dans la région qu'elle prétend observer ou contrôler.

Le Président de la Transition, Président de la République, Chef de l’État, le GBR Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA a récemment lors d’une interview accordée conjointement à RFI et France 24 affirmé tout en restant énigmatique en ce qui qui concerne l’installation par la Chine d’une base navale sur le territoire Gabonais que « la discussion reste toujours ouverte » avec Pékin. « C’est une discussion que j’ai eue, lorsque je me suis rendu en Chine, avec le Président Xi JINPING », a-t-il révélé. C’était lors de son séjour en septembre 2024, à l’occasion du sommet du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC).

Pour rappel, un accord de principe avait été donné par la partie gabonaise du temps du régime déchu d’Ali BONGO. La presqu’île de Mandji, à Port-Gentil, devait donc accueillir un complexe militaire dirigé par la Marine de l’Armée populaire de libération (MAPL). Celui-ci prévoyait notamment une première base sur la façade atlantique et une seconde sur le continent.

Dans le sillage de la guerre économique opposant les États-Unis et la Chine, la question géopolitique n’est pas en reste, car celui qui veut dominer le monde doit maîtriser les infrastructures de communication. Une opposition perceptible ces dernières années en Afrique et particulièrement au Gabon où le projet de construction d’une base navale militaire chinoise à Port-Gentil dans la province de l’Ogooué-Maritime a vite fait de raviver les tensions.

Si pour l’heure cette guerre que se livre Pékin et Washington au Gabon se fait en sourdine, la multiplication de contacts avec les nouvelles autorités, arrivées au pouvoir lors du coup d’État du 30 août 2024, a de quoi susciter des questionnements. Il faut dire que si ce projet se concrétise, il aurait le mérite de saper l’influence des États-Unis, mais surtout française au Gabon et plus encore dans le golfe de Guinée. À noter qu’une présence de la Chine dans cet espace maritime permettrait à la 3ème puissance mondiale de s’étendre au-delà de ses eaux actuelles. Une éventualité que prend au sérieux le pays de l’Oncle Sam qui considère l’Atlantique comme une zone maritime stratégique, car la présence militaire permanente de la Chine est perçue comme une menace sérieuse pour sa sécurité. C’est donc face à ce dilemme que les États-Unis feraient des pieds et des mains pour dissuader les militaires au pouvoir au Gabon de relancer ce projet.

Si en octobre 2023, le président américain Joe Biden avait dépêché son conseiller spécial Judd Devermont pour discuter du processus de Transition au Gabon, il est indéniable que ce dossier aurait été également évoqué avec le président du Comité pour la Transition et la restauration des institutions (CTRI) le Général Brice OLIGUI NGUEMA. Dernier fait en date de ce rapprochement de plus en plus pressant, la récente visite d’une délégation du programme de partenariat d’État du ministère américain de la Défense conduite par Lieutenant-Colonel Erik Sarson pour officiellement « explorer les possibilités de coopération, de partager les meilleures pratiques et d’identifier les domaines d’intérêt mutuel dans lesquels le Gabon et les États-Unis pourraient travailler ensemble ». Des gestes de bonne volonté qui pourraient motiver les autorités gabonaises à faire un choix définitif surtout que le silence sur ce dossier commencerait à être pesant.




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