GABON : ENTRE RÉGIME DÉMOCRATIQUE ET RÉGIME AUTORITAIRE
Le Gabon est une république à régime semi-présidentiel (Constitution du Gabon, loi n° 3/91 du 26 mars 1991) où le président de la République est le chef de l'État et le Premier ministre celui du gouvernement. Le pouvoir législatif est partagé entre les deux chambres parlementaires. Depuis l'accession du président feu Omar BONGO à la magistrature suprême, le parti majoritaire était le Parti Démocratique Gabonais. Cette situation a perduré après l'élection d'Ali BONGO en 2009. Le 29 août 2023, le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions, à la suite du coup d'État, a destitué le président Ali BONGO qui venait d'être élu pour un troisième mandat. Le Général de Brigade Brice Oligui NGUEMA est désigné comme le président de la Transition. À ce moment, la taxinomie courante classe le Gabon selon une seule et unique échelle, allant de la démocratie libérale à une extrémité à l’autoritarisme fermé à l’autre. En effet, pour nuancer cela, on peut utiliser trois échelles pour saisir les éléments-clés caractérisant le système politique Gabonais sous le régime militaire actuel au pouvoir. Ces éléments-clés sont le pouvoir exécutif (à quel degré le pouvoir est-il concentré en quelques mains, notamment celles du chef de l’État ?), contrôle des citoyens (à quel degré la voix des citoyens, telle qu’elle s’exprime dans le débat public ou par la voie électorale, est-elle prise sérieusement en compte et influence-t-elle les orientations politiques ?) et le pouvoir des institutions (à quel degré les lois dûment adoptées, les droits et les pratiques telle que le Dialogue National Inclusif dûment reconnus sont-ils respectés ?).
Il est cependant bien évident que la capacité des citoyens et des ONGs d’influencer le gouvernement Gabonais pourra être perçue de façon différente selon qu’il s’agit d’une démocratie solidement fondée sur la prééminence du processus électoral, où se déroule des élections laissant place à la compétition, où les médias fleurissent, où règnent l’État de droit et la liberté d’expression, ou bien d’un régime autocratique à caractéristiques militaires, où le gouvernement tient tous les médias sous sa coupe et où toute critique des élites dirigeantes est source de poursuites ou de violences, où l’exécution de l’ordre est au-dessus de la volonté et du bien-être des populations.
Le débat gagne en intérêt dès lors qu’on prend conscience que la plupart des pays ne sont ni des démocraties parfaitement libérales, ni des autocraties absolue, mais se situent quelque part entre les deux. Ce sont des hybrides politiques.
La démocratie au Gabon doit donc protéger les citoyens contre l’arbitraire ou l’abus du pouvoir. Cela repose en premier lieu sur une égalité des droits entre les citoyens. Toute démocratie implique en effet un système politique où tous les citoyens sont soumis aux mêmes lois. D’autre part, que l’on soit riche ou pauvre, intellectuel ou paysan, les responsabilités sont ouvertes à tous et chacun a, par le vote, le même poids pour accepter ou rejeter des décisions politiques ou la désignation des gouvernants.
La démocratie au Gabon doit aussi être un moyen de se protéger contre l’abus de pouvoir en créant des institutions qui puissent contrôler et diviser le pouvoir. En effet, les démocraties modernes ont également plusieurs strates d’institutions mais surtout elles ont institué la séparation des pouvoirs judiciaires, législatif et exécutif qui n’existait pas dans l’Antiquité et qui constitue maintenant un principe incontournable pour diviser le pouvoir.



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