LIBREVILLE - LOUANDA : À L'HEURE DES TENSIONS
La République d'Angola est un État du sud-ouest de l'Afrique, limitrophe de la république démocratique du Congo au nord et au nord-est, de la République du Congo au nord-ouest (par l'enclave du Cabinda), de la Zambie à l'est-sud-est et de la Namibie au sud. Le pays est un quadrilatère situé entre l’Afrique centrale francophone et l’Afrique australe anglophone. Il est le deuxième pays lusophone par son étendue et le deuxième par sa population. En tant qu'ancienne colonie portugaise, il est membre de la Communauté des pays de langue portugaise.
Le territoire est colonisé par le Portugal en 1575 et gouverné alternativement, au cours de quatre siècles, comme colonie, province ultramarine et État de l'Empire colonial portugais. En 1961 éclate une guerre d'indépendance, qui oppose la puissance coloniale à plusieurs groupes armés anticolonialistes.
Après des années de guérilla contre la métropole coloniale, l’Angola est devenu indépendant en 1975, comme État communiste appelé république populaire d'Angola. Le 11 novembre 1975, jour de l'indépendance, Agostinho NETO devient le premier chef de l'État. À sa mort en 1979, José Eduardo DOS SANTOS prend le pouvoir, même si une guerre civile limite de fait son contrôle sur le pays.
Depuis l'indépendance, c'est le Mouvement Populaire de Libération de l'Angola (MPLA) qui est au pouvoir. Les années de guerre civile, jusqu'au cessez-le-feu de 1992, n'ont pas été favorables à une ouverture du régime, appuyé par Cuba et par l'URSS (Union des républiques socialistes soviétiques). Après la fin de cette guerre civile, mais aussi après l’effondrement du Bloc de l'Est (fin des années 1980 et début des années 1990) et celui, en 1991, du régime d’apartheid en Afrique du Sud (qui soutenait les opposants au MPLA), une évolution vers un régime un peu plus démocratique s'est amorcée. Les premières élections générales démocratiques et pluripartites ont eu lieu en Angola les 29 et 30 septembre 1992.
Des élections générales se sont également tenues le 23 août 2017. Ces élections se déroulent dans le contexte de l'annonce par le président lui-même de sa renonciation au pouvoir. La victoire du MPLA lors de ces élections amène à la présidence son successeur désigné, João LOURENÇO, en septembre de la même année. En septembre 2018, le président de la République João LOURENÇO est élu chef du parti MPLA, à la suite de la décision de José Eduardo DOS SANTOS de prendre sa retraite.
Le bras de fer diplomatique entre le régime militaire au pouvoir au Gabon et les autorités angolaises s'endurcit. Les tensions entre les deux pays sont nées de la prise du pouvoir au Gabon le 30 septembre 2023 par les militaires. Les premières condamnations étaient venues de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), dont le président en exercice l’Angolais Gilberto DA PIEDADE VERISSIMO, avait condamné le coup d’État au Gabon, incitant les États membres à délocaliser le siège de l'organisation communautaire de Libreville à Malabo.
Depuis, le président de la transition, le général Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA tente d'obtenir la levée des sanctions de la CEEAC prises à l'encontre de son pays. Le président de la transition, le général Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA a fait le tour des capitales des pays membres de l’organisation, sauf Luanda. Il a rendu visite au président équato-guinéen en premier, après sa prise de pouvoir. Puis il a rencontré, un par un, tous les chefs d’États de la CEEAC, à l’exception de l’Angolais João LOURENÇO.
Le 10 novembre 2023, alors que l’ancienne colonie portugaise fêtait le 48ème anniversaire de son accession à l’indépendance, Libreville ne s’était pas fait représenter. Les autorités gabonaises fustigent, depuis, l’attitude de l’ambassadeur angolais au Gabon qui a refusé d’afficher au sein de la représentation diplomatique le portrait du président de la transition, le général Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA aux côtés de celui de João LOURENÇO.
"L’Angola mène une campagne injuste contre un pays ami", fustige Wilson KASSA, diplomate gabonais en poste en Éthiopie joint par TRT Afrika.
"Luanda travaille pour laver son image sur la scène internationale et ne veut pas se salir les mains en soutenant les autorités militaires qui ont pris le pouvoir par la force", croit savoir Philippe CORSAN, ancien diplomate français à Libreville.
Depuis le coup d’État du 30 août 2023, le président centrafricain, Fausti- Archange TOUADÉRA, désigné par la CEEAC facilitateur de la situation gabonaise avait multiplié les rencontres avec les autorités de Libreville pour faciliter les discussions entre le Gabon et l’organisation.
Seule victoire obtenue par le régime militaire après le sommet de Djibolho : le maintien du siège de l’instance dans la capitale gabonaise. En réponse aux autorités de Luanda, Libreville a décidé de rappeler son ambassadeur en Angola pour consultations. Selon plusieurs sources, le ministère gabonais des Affaires étrangères a écrit aux autorités angolaises pour annoncer le retour de son ambassadeur. Un rappel officiellement « pour consultations », dit le courrier.
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| Guy NAMBO WEZET, Ambassadeur du Gabon en Angola(à gauche) |
À l’issue du dernier sommet de la CEEAC (Communauté économique des États de l’Afrique centrale), le Gabon avait rappelé son ambassadeur en Angola. Le diplomate n’est toujours pas de retour à Luanda suite à une attitude jugée inamicale de l’Angola envers les autorités de la transition gabonaise. Jeudi 17 janvier 2023, le domicile du président de la Commission de la CEEAC aurait été attaqué à Libreville par des « hommes armés, dont certains portaient l'uniforme des forces armées gabonaises ». Luanda exige des autorités gabonaises « des explications ».
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| Président de la Commission de la CEAC |
Selon les faits racontés par le président de la Commission de la CEEAC dans sa note verbale, les cinq individus sont entrés par effraction dans la résidence malgré la résistance des gardiens. Il était 9h30. Monsieur Gilberto da PIEDADE VERISSIMO était absent. Toutes les pièces ont été fouillées. Des portes défoncées. À 15h, les mêmes hommes armés sont revenus. Cette fois-ci, le président de la Commission était présent. Ce général des forces armées angolaises aurait été personnellement menacé.
Le lendemain, le président de la Commission a saisi le gouvernement gabonais via une note verbale. Libreville a promptement dépêché des policiers sur place et ouvert une enquête. Luanda a immédiatement convoqué le chargé d’Affaires du Gabon en Angola pour obtenir des explications.
GABON INTERNATIONAL




Même la guerre froide a menti
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