LA CEMAC, 30 ANS POUR L’INTÉGRATION

La Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) est une organisation internationale regroupant plusieurs pays d'Afrique centrale, créée pour prendre le relais de l'Union Douanière et Économique de l'Afrique Centrale (UDEAC). Son siège est à Bangui, en République centrafricaine. Le traité instituant la CEMAC est signé le 16 mars 1994 à N'Djaména (Tchad) et entre en vigueur en juin 1999. La CEMAC regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Équatoriale, la République Centrafricaine et le Tchad.

La CEMAC regroupe l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), qui est responsable de la convergence monétaire des États membres, qui partagent la même monnaie, et l’Union économique de l’Afrique centrale (UEAC), qui a pour mission d’harmoniser les réglementations en vigueur au sein des États membres afin de dynamiser les échanges commerciaux et faciliter la convergences des politiques économiques au sein de la sous-région.

Depuis mai 2015, les ressortissants de la CEMAC bénéficient de la libre-circulation dans la région et ne sont plus obligés d'utiliser un visa pour voyager entre les pays de la CEMAC. Cette liberté de circulation était initialement prévue pour démarrer le 1er janvier 2014, mais a été retardée par la fermeture des frontières de la Guinée équatoriale. Si la libre-circulation au sein de l’ensemble de l’espace n’est pas encore possible, c’est avant tout en raison des différentes crises sécuritaires que connaît la sous-région, au premier chef desquelles l’insurrection menée par Boko Haram dans le bassin du lac Tchad. L’harmonisation des législations internes est encore à achever.

La CEMAC fête ses 30 ans. Pour célébrer l'évènement, une cérémonie a été organisée le samedi 16 mars 2023, à Bangui, la capitale centrafricaine et dans les différentes représentations des six pays membres de la CEMACFaustin-Archange TOUADÉRA, président de la RCA, mais aussi président de la Conférence des chefs d'État de la CEMAC, a prononcé un discours. Une prise de parole pour évoquer le bilan de l'intégration régionale.

"Près de 30 ans d’expérience au service de l’intégration régionale en Afrique Centrale. La Communauté CEMAC, suivant la logique unitaire qui condamne toutes les communautés humaines qui cohabitent ensemble, à considérer leur espace et leur environnement comme étant forcement commun, avance doucement mais surement vers l’intégration", a précisé Faustin-Archange TOUADÉRA.

"Et si longtemps l’unité ne revêtait que la forme d’un idéal, dès sa création en 1994 sous les cendres de l’Union Douanière et Économique de l’Afrique Centrale (UDEAC), la CEMAC a fait du  concept « d’intégration » son leitmotiv avec comme objectif clairement affirmé et décidé au plus haut niveau de ses États membres, de traduire une véritable et concrète mise en commun des efforts pour gérer les ressources de la sous-région Afrique Centrale au profit de tous et de chacun", a-t-il ajouté.

Force est de constater que la CEMAC fait face à de nombreuses difficultés. Certains parlent de l'organisation comme d’une union purement administrative. Si des mesures sont prises pour assurer la libre-circulation des biens et des personnes, comme la mise en place d'un passeport communautaire en 2017, dans les faits les choses sont plus compliquées.

La limitation des pouvoirs des institutions sous-régionales rend difficile l'application des décisions, un phénomène amplifié par le manque d'infrastructures routières et électriques, notamment, qui empêchent de relier correctement les pays entre eux.

Résultat, la CEMAC est l'un des blocs économiques les moins intégrés du continent. Ses membres commercent, à 80%, avec l'extérieur comme la Chine, la Russie ou encore l'Europe, mais seulement à 4% entre eux. L'intégration régionale, pourtant inscrite dans les textes de l'organisation, est donc encore lointaine.

Parmi les prochains chantiers qui attendent la CEMAC, le plus important est sans doute celui des treize projets intégrateurs qui incluent des routes, ponts ou encore des infrastructures électriques. Ils doivent permettre de mieux connecter les pays membres entre eux. En novembre dernier, à Paris, les responsables de l'organisation annonçaient avoir levé plus de 9 milliards d'euros pour les mettre en œuvre.

En effet, comment pourrait-on imaginer une solidarité comme celle souhaitée, une concertation comme celle ardemment désirée, de Yaoundé à Brazzaville, de Malabo à Libreville en passant par Bangui et N’Djamena, sans une communication efficiente ?

Ainsi, depuis plus d’un quart de siècle d’existence, la CEMAC essaye d’apporter une contribution substantielle au développement socio-économique des populations de ses six États membres. Les interventions touchent des domaines variés, notamment la promotion de la coopération entre ces pays membres en vue d’assurer un développement intégré de la sous-région Afrique Centrale dans les secteurs multiples : commerce, énergie, transports,  communication, industrie, éducation, agriculture, élevage, pêche, etc.

La représentante de la CEMAC au Gabon, Mme Joanne Prisca MENGUE ME NDONG, a insisté, lors de la cérémonie des 30 ans de la CEMAC organisée à Libreville, sur l’engagement des chefs des États à garantir l’intégration sous-régionale. Et le ministre gabonais des affaires étrangères, Mr. Michel Régis ONANGA NDIAYE a, quand-t-à lui, rappelé les efforts qu’il faut accentuer afin de garantir l’intégration sous-régionale tout en notifiant que l’Afrique Centrale demeure à ce jour la sous-région la moins intégrée du continent.

Rappelons que la vision de la CEMAC s’articule aujourd’hui autour du Programme Économique Régional (PER) dont l’objectif est de faire de la CEMAC, d’ici 2025, “un espace économique intégré, émergent où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance.”









GABON INTERNATIONAL

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