LE GABON ET LES BAILLEURS DE FONDS INTERNATIONAUX

Le Gabon est devenu un acteur des relations internationales après son indépendance en 1960. Depuis 1973, le nombre de pays ayant des relations diplomatiques avec le Gabon a doublé. En ce qui concerne les affaires africaines, le Gabon est impliqué dans le processus d'unification africain dès ses origines. Membre fondateur de l'OUA en 1963, le Gabon faisait partie des États préférant une organisation confédérale et rejetant la constitution d'un État fédéral africain. Préoccupé par la stabilité en Afrique Centrale, le Gabon a été directement impliqués dans les efforts de médiation au Tchad en Centrafrique, au Congo, en Angola, et en république démocratique du Congo.

Le Gabon est membre de l'ONU et certaines de ses institutions spécialisées, ainsi que d'organisations internationales comme la Banque mondiale, L'Union africaine, La Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, l'Organisation de la Coopération Islamique, le Mouvement des non-alignés, ou l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.

La Banque mondiale, est une institution financière internationale qui accorde des prêts et autres appuis financiers à des pays en développement pour des projets d'investissement. Elle fait partie des institutions spécialisées du système de l'Organisation des Nations unies. C'est le premier prêteur d’argent d'origine publique au monde. La Banque mondiale est dirigée par un directeur général et présidée par le président du Groupe de la Banque mondiale. Tous deux sont élus par les pays administrateurs du Groupe. Dans le cadre d'un accord diplomatique tacite, la Banque mondiale est toujours dirigée par un américain, alors que le FMI est toujours dirigé par un européen. Le siège de la Banque mondiale se trouve à Washington, D.C. et le local à Genève en Suisse.

Elle est créée le 27 décembre 1945 sous le nom de Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) après signature des accords de Bretton Woods le 22 juillet 1944. Le 9 mai 1947, elle approuve son premier prêt, qui est accordé à la France pour un montant de 250 millions de dollars américains.

Selon la charte fondatrice, les prêts sont versés en fonction de considérations purement économiques, le régime politique du pays bénéficiaire n'étant pas pris en compte. Ce dernier point a cependant évolué depuis les années 2000, notamment grâce à l'influence de l'administration Bush : « L'idée selon laquelle des aides ne devraient être accordées à un pays en difficulté que sous certaines conditions relatives à l’utilisation de cette aide (en termes de bonne gestion, mais aussi de respect des droits de l’homme, par exemple) est maintenant largement admise ».

La Banque mondiale a suspendu ses décaissements en raison d'arriérés de dettes. C'est la deuxième fois en un an que l'institution suspend son aide au Gabon. Après l’annonce en janvier 2025 d’un arriéré de 17 milliards de francs CFA envers la Banque mondiale, le gouvernement avait promis une régularisation rapide. Une situation attribuée à plusieurs facteurs, notamment la difficulté de mobilisation des ressources sur les marchés financiers, l’augmentation des dépenses sociales et la réallocation de fonds vers des projets stratégiques. Le projet de loi de Finances 2025 prévoit d'ailleurs une augmentation de son budget de plus de 40 milliards de francs CFA. Un accroissement des dépenses déjà noté par la CEMAC lors de son sommet extraordinaire mi-décembre. Des dépenses gabonaises qui contribuent fortement à la dégradation du solde budgétaire de la région. En mai, le FMI s'inquiétait du « caractère expansionniste de la politique budgétaire » notant « une accumulation rapide d'arriérés » qui ont porté la dette publique à plus de 70% du PIB.

Lors de ses vœux au corps diplomatique le 9 janvier, le président de la transition a sollicité officiellement « une assistance technique du FMI » pour aider le pays à assainir ses finances publiques et améliorer son cadre macro-économique. Les autorités gabonaises se veulent rassurantes. Elles affirment avoir remboursé plus de 1 210 milliards de francs CFA en 2024 et mettre en œuvre les dispositions nécessaires pour apurer ses arriérés dans les meilleurs délais.

Comme annoncé en janvier, le Gabon paye finalement ses dettes. Dans un communiqué, le gouvernement a annoncé, mercredi 19 mars, avoir décaissé une somme d’environ 18 milliards de francs CFA pour apurer ses arriérés auprès de la Banque mondiale. Le bureau local de celle-ci n'a pas communiqué sur cette annonce. Toujours est-il que pour l’État gabonais, le règlement de ces arriérés est une preuve de respect de ses engagements vis-à-vis des bailleurs de fonds internationaux. Selon le ministère des Comptes publics et de la Dette, cette opération s’inscrit dans la politique de restauration de la confiance, portée par le président de la Transition, le général Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA. Elle vise à rassurer les bailleurs de fonds quant à la capacité du Gabon à honorer ses obligations financières et à garantir la stabilité de ses engagements à long terme. L’apurement de cette dette permet ainsi au pays de renforcer sa position sur la scène financière internationale et d’assurer la poursuite des initiatives économiques et sociales en cours. Le gouvernement affirme que des mécanismes de suivi seront mis en place pour éviter l’accumulation de nouveaux arriérés et garantir une gestion plus efficiente de la dette publique.

La Banque mondiale n’est pas l’unique bailleur de fonds qui presse le Gabon à payer ses d

ettes. L’an dernier, le président de la Banque Africaine de Développement était venu en personne à Libreville à ce sujet. Aujourd’hui, la dette gabonaise s’élève à 8 000 milliards de francs CFA, soit 70% du PIB.




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